dimanche 28 janvier 2018

Recherche sur la limite altitudinale du Lierre grimpant en vallée d'Ossau.

Le Lierre grimpant
en vallée d’Ossau.
Hedera helix.
Par Andréas Guyot.

« Le lierre vouldroit que chascun fut son frère »
Gaston Phoebus.

étude en cours, 2018: 
Alors que la foret se teinte au couleur d’automne, le lierre est en pleine maturité, il attend la chute des feuilles pour que les rayons du soleil entre dans le sous bois afin que les pollinisateurs et les insectes s’orientent vers ses fleurs et les pollinise.

Le lierre est la dernière fleur de la saison avec son abeille, la collète du lierre (Colletes hederae), qui est une abeille solitaire, la plus tardive de la saison, on peut la voir voler jusqu’au début novembre si le temps le permet. Elle a calé son cycle de vie sur cette plante et ne vie que quelques semaines.

Quasi tous les insectes de la forêt se donne rendez-vous sur le lierre qui n’a plus aucune concurrence pour offrir du nectar, ainsi l’ensemble de ses fleurs sont intégralement pollinisées pour avoir le maximum de fruits et assurer sa descendance.  

Si la floraison du lierre ferme le cycle des fleurs forestières de la saison, à l’hiver qui arrive, ses feuilles persistantes et ses nombreux fruits, des baies noires, vont offrir le gite et le couvert à de très nombreux oiseaux pour atteindre le printemps en vie, vers une nouvelle saison de reproduction.

Dans la vallée pyrénéenne d’Ossau, l’hiver c’est éternisé, les baies des lierres ont été la seule source de nourriture pour les oiseaux, si tout semble figé dans la forêt au sortir de l’hiver et que dormance semble inhiber toute croissance en attente d’un renouveau, lui le lierre va se mettre en sommeil et laisser la place à un cortège de plantes à fleurs vernales.

Les oiseaux pendant l’hiver auront disséminés ces graines de trois façons :
 1 ° La semence pourra être transportée extérieurement au corps de l'oiseau, se fixant à son plumage.
2° La semence sera transportée par l'oiseau qui s'en nourrit, mais la laisse tomber par mégarde.
 3° La semence sera transportée à l'intérieur du corps de l'oiseau qui l'a avalée et sera rejetée avec les excréments. (la zoochorie, l’ornithochorie.)

C’est ainsi le cycle de la vie du lierre, en nourrissant les oiseaux en hiver, il assure sa propagation dans la forêt pyrénéenne de la vallée.

Ma recherche a pour objectif de rechercher la limite altitudinale du Lierre grimpant Hereda helix dans la vallée d’Ossau.
Nous savons pour ce dernier, que si la température descend à -25° degrés, toutes ses feuilles mourront, alors qu’il est capable de résister à des périodes de gel de – 20 à – 24° degrés, mais pas au-delà. (1) dans une étude de Pierre Déon.

Si l’on sait sa limite de répartition en Europe du Nord et de l’Est en fonction de sa limite de vie, à moins 25° degrés. La logique veut qu’à partir de ce constat, il pouvait être opportun de connaître son évolution sur un plan purement altitudinal en zone de montagne des Pyrénées, puisse qu'il y a une relation météorologique entre la latitude et l'altitude.
Un élément dans la recherche bibliographique le donne jusqu'à 1 200 m, étage collinéen et montagnard. (3).

Sa répartition couvre une grande partie de l’Europe, allant du Portugal à la Vistule, un fleuve de la Pologne, sa limite vers l’est est à la frontière de la Russie, du Bélarus, de l’Ukraine. S’il est présent autour de la mer noire, en Arménie, Géorgie. Crimée, il est absent en Moldavie.
Au nord de l’Europe sa présence ce limite dans l’extrême sud de la Norvège et de la Suède. Il est absent en Finlande et dans l’ensemble des pays Baltes.
Au sud de l’Europe il couvre toute la Turquie, le Liban et une partie de la Syrie et d’Israël.
En Afrique sa présence n’est avérée que de la Tunisie au Maroc mais uniquement sur le proche pourtour de la méditerranée sur une frange de 100 km de large.

Recherche.

Sachant qu’il ne peut pas vivre à des températures à moins de 25° degrés sous zéro, j’ai donc recherché sa présence dans les bois et sur les sols de la vallée d’Ossau, je l’ai cherché suivant un protocole avec un altimètre et une carte au 25 000e.
Haute vallée d’Ossau au dessus de Laruns:
1)      Des Eaux-Chaudes de 656 mètres en parcourant la piste qui monte à la cabane de Cambeilh à 1568 m.
2)    En parcourant la Vallée d’Ossau dans toute sa longueur, vers le col du Pourtalet à la limite de la végétation.

Basse vallée d’Ossau en dessous de Laruns :
3)    J’ai effectué des recherches dans la plaine alluviale entre le lac (retenue EDF) de Castet-en-Ossau jusqu’à Laruns.
4)    Dans les vallées perpendiculaires du Bénou au col de Marie-Blanque, de Port de Castet, de la vallée d’Aspiegt, du Port d’Aste, de Listo, de Laruns au col d’Arrioutort, en enfin de Laruns au col d’Aubisque.

Sa biologie.

Ses feuilles sont caduques, épaisses et brillantes, elles vivent 3 ans, En France le genre Hedera n’est représenté que part une seule espèce à l’état sauvage.

En jardinerie il existe des cultivars à fruits orangés, Hedera helix poetarum. Mais encore : Eva, Ivalax, Dantata, Marango, Hibernica.
Il est assez peu probable que je rencontre un cultivar au-delà des Eaux-Chaudes.

La partie relativement sauvage de la vallée d’Ossau dans cette zone au dessus de Laruns correspond au comportement du Lierre et de sa longue adaptation, il est apparu sur terre à la fin de l’ère secondaire (au crétacé) (2).

La vie d’un pied Lierre dépasse largement le siècle, alors que celle d’un arbre dans un espace cultivé par l’ONF est autour de 75 ans maximum.
Le Lierre recherchant les endroits frais et ombragés, la vallée d’Ossau dans cette partie semble adaptée à sa biologie.

Résultats: 
Route de Gourette: 1267 mètres, sur de la roche
Route de Bious-Artigues: 1170 mètres, sur arbres et muret.
Route du Pourtalet: 1203 mètres, sur de la roche, en aval du barrage.


Bibliographie :
1:  Déon Pierre., Le Lierre, La hulotte N° 106, 2017. 08240, Boult-aux-bois. 35 pages.
2: Bertrand Bernard,. Au royaume secret du Lierre. Collection Le compagnon végétal. Volume 12. Editions de Terran, 2001, 192 pages.
3: Rameau J.C., Flore Forestière Française. 1993. Institut pour le développement forestier. 2421 pages.
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 Première prospection: du 28/1/18 au col de Marie-Blanque.

Hedera helix.
Au vu de la taille des bois du Lierre, ce dernier est très vieux.
Sous le col de Marie-Blanque à 1015 m. 

Au plateau du Bénou à 850 m.
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2e prospection: ce lundi 29/1/18 au départ de Laruns vers Gourette.

Sortie de Laruns 511 m.

Chemin de l'impératrice aux Eaux-Bonnes 830 m.

Voici la dernière présence du Lierre sur un arbre à 1.210 m

Le Lierre n'est donc pas à Gourette à 1350 m.

 Voici la dernière présence du Lierre au sol à 1.267 m.
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3e prospection: du 16/2/18 en haute vallée d'Ossau au dessus de Gabas vers Artouste.

Analyse: lors de le 2e et 3e prospection, J'ai constaté que c'est toujours sur de la roche que le Lierre est le plus haut.

à 1.203 m sur de la roche sous le lac de Fabrège.

à 1.100 m sur les arbres sous la centrale électrique.
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Le Lierre grimpant Hedera helix est donc absent au dessus du lac de Fabrège. 
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4e prospection: Le 19/4/18 entre Gabas et le lac de Bious-Artigues. prospection en cours car une partie de la route est fermé au delà de 1.100 m.

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5e prospection: le 13/5/19. entre Gabas et Bious-Artigues à 1170 mètres à la fois sur un muret et des arbres.


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Une exception en montant au col du Pourtalet à 1522 mètres sur 2 paravalanches: 1988 et 89, mais il ne s'agit que du lierre de culture vendu en jardinerie et pas de lierre sauvage. 


Le lierre de culture, mais pas sauvage..

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